Obésité, Boulimie et Anorexie

La boulimie et la suralimentation.


Trop manger ou manger nerveusement est un état commun connu de tous. La boulimie mentale est une forme extrême de cet état, quand l'envie de manger est immense et fréquente. Ainsi, le phénomène est un spectre allant de la nécessité commune de prendre un deuxième café, un deuxième chocolat, un troisième chocolat, jusqu'à la suralimentation nerveuse de l'obésité et les accès incontrôlables de la boulimie. Certaines personnes se font vomir après ces accès, pour ne pas grossir. Ou elles essayent de bruler les calories par le sport ou se purger de la nourriture ingérée avec des laxatifs ou des diurétiques.

L'anorexie est l'extrémité opposée de ce trouble de l'alimentation, où la patiente développe une aversion pour la nourriture et l'alimentation. Les deux troubles alternent parfois dans le même sujet, montrant clairement la proximité psychologique de ces deux conditions.

Dans les deux conditions, il y a souvent une préoccupation anormale d'avoir la bonne ligne et le bon poids. Ce souci de forme et de poids fait partie de la maladie. Ainsi, ces patients sont constamment sur un régime. Mais la frustration supplémentaire de faire le régime rend ces troubles de l'alimentation encore pire.

Plus de la moitié des patients atteints de troubles de l'alimentation ne correspondent pas strictement aux deux catégories de l'anorexie et la boulimie. Ils sont donc appelés troubles alimentaires atypiques (binge eating syndrome ou hyperphagie atypique). Environ 25% sont des hommes. Ces cas atypiques sont moins préoccupés par leur poids et leur forme. Ils ont tendance à ne pas vomir et ainsi sont souvent en surpoids ou obèses. En effet, ils peuvent être considérés comme faisant partie du spectre qui va de la boulimie à l'obésité. Rappelons que près de 30% de la population générale dans les pays occidentaux avancés est maintenant techniquement obèses (avec un IMC supérieur à 30). Donc, le sujet est vaste et important.



L'envie de manger de la boulimie et de l'obésité va et vient
Il est bien connu que dans certaines conditions psychologiques (de stress, de pression, mais également dans d'autres situations, par exemple la tristesse, l'anxiété ou l'ennui), nous trouvons un soulagement dans la nourriture. La nourriture nous donne une certaine satisfaction, apaise un malaise intérieur.

Ainsi, la suralimentation et la boulimie sont une conséquence d’une douleur intérieure psychologique qui donne une envie irrésistible de manger, et qui est soulagé par la nourriture.

Nous pouvons dire quelques mots au sujet de cette envie, cette faim intense.

  • Cette faim n'est pas physiologique ou biologique, elle est purement psychologique.
  • Mais il est impossible de la distinguer de la faim biologique.
  • Elle survient généralement lentement, mais peut parfois se produire rapidement et de façon écrasante.
  • Elle est variable, d’un jour à l’autre et selon les situations. Elle s’en va et revient.
  • Même la boulimique peut avoir des jours, voire des semaines, sans attaque de boulimie.
  • D'autres fois, la boulimique peut avoir 3-4 attaques par jour.
  • Certaines situations psychologiques la provoquent (pression au travail, les délais à respecter, la tristesse, l'ennui, la frustration sexuelle...)
  • Certaines situations psychologiques la maintiennent à distance (en vacances, en compagnie d'un ami spécial ...)

Donc de cela il suit que dans la boulimie 1. il y a des causes de fond qui produisent des crises de boulimie, 2. il y a des réserves de compensation, qui permet le sujet d'éviter des crises pendant plus ou moins long temps, et 3. il y a des facteurs, plus circonstanciels, qui provoquent une crise à tel ou tel moment donné.

Il suit aussi de la rapidité de ces changements, que le problème est de l'ordre psychologique et non pas biologique.

L'équilibre entre les forces de la satiété et de la faim.

Normalement, notre poids et notre alimentation sont contrôlés automatiquement par un système psychologique et biologique complexe. Le poids du corps est maintenu par un équilibre entre les forces de la faim et de la satiété. Au niveau biologique, ces sensations sont gouvernées par certains centres dans l'hypothalamus et d'autres parties du cerveau. Il y a plusieurs influences physiologiques connus sur la faim et la satiété (la glycémie et de l'insuline, les récepteurs d'étirement dans l'estomac, la masse des cellules graisseuses, et une multitudes d'hormones et molécules, comme le peptide tyrosine tyrosine, le glucagon-like peptide, les systèmes de leptine et de ghréline,...) Mais outre ces facteurs biochimiques, nous savons aussi que les centres supérieurs du cerveau, autrement dit l'esprit psychologique, influencent fortement les centres neuro-chimiques qui contrôlent la satiété et la faim.

L’esprit peut outre passer la biologie.

En effet l'esprit peut outre passer la biologie, car chez l'homme manger n'est pas seulement un acte biologique. Il est donc parfaitement possible pour les sujets de surmonter mentalement la faim physiologique (avant les examens, dans des régimes, les grèves de la faim, dans l'anorexie) et aussi inversement, générer mentalement la faim, quand il n'y a pas de faim biologique (des envies subites de tel ou tel aliment, et toutes les " faims nerveuses " de tous les jours). Donc la faim et la satiété sont fortement influencées par l'esprit psychologique. Et voici ce qui est en jeu dans la boulimie et l'anorexie: l'état psychologique de l'esprit l'emporte sur les signaux physiologiques du corps et du cerveau. Parfois, nous sommes stables, satisfaits, et ne sentons pas l'envie de manger. À d'autres moments, l'envie psychologique de manger prend le dessus et nous avons besoin de quelque chose dans la bouche: thé, café, chocolat, une pâtisserie, toute une miche de pain, toute un litre de glace... Maintenant, cette envie psychologique de manger (ou de ne pas manger) est elle-même le résultat de plusieurs facteurs psychologiques poussant et tirant dans des directions opposées. On peut dire que dans la boulimie il y a un problème psychologique constante sous-jacente d'avoir besoin de manger (ou, chez l'anorexique, de ne pas manger) et des facteurs plus circonstanciels qui provoquent une attaque à tel ou tel moment (stress au travail, les problèmes émotionnels, l'anxiété...).

Poids et la forme

Dans l'anorexie et la boulimie les sujets sont souvent extrêmement préoccupés par leur poids et leur forme. Ainsi, après une crise de boulimie, souvent la boulimique apprend vite à vomir la nourriture pour garder son poids vers le bas. Et elle suit presque toujours un régime draconien, limitant sa nourriture, pour compenser l'excès d'hier. Cela dure un jour ou deux, la frustration s'accumule, et suite à une nouvelle provocation, elle craque, avec une nouvelle attaque de manger. Ensuite elle vomit. Et ainsi est mis en place un cycle de manger, vomissements et restriction; manger, vomissements et restriction, que la patiente ne peut pas briser. L'ensemble du système de la satiété et de la faim devient confus et hors de phase. Manger devient désordonné. La plupart des patients souffrants de boulimie ne sont pas en surpoids, en dépit de leurs excès, parce que les vomissements et le sport répétés annulent la suralimentation.

L'importance sociale de la minceur chez les femmes dans les dernières 50 années.

L'augmentation de l'incidence de la boulimie et l'anorexie chez les jeunes filles au cours des trente dernières années dans les pays occidentaux (mais pas encore dans les pays en voie de développement) suggère que l'énorme importance culturelle accordée à la minceur chez les femmes a eu quelque chose à voir avec cette augmentation. Deux générations de femmes, depuis les années 1960, ont été exposées à une énorme pression pour être mince et cela semble avoir eu un effet sur elles et leurs filles. Les jeunes filles adolescentes commencent des régimes pour mincir. En faisant elles perturbent en elle-même leur relation encore fragile avec leur corps, leur notion de féminité, leur mère et la nourriture.
Ces troubles sont particulièrement fréquents dans certaines professions - actrices, danseuses, mannequins, gymnastes, jockeys... qui ont besoin de garder leur poids vers le bas professionnellement. Elles sont constamment sur un régime alimentaire, en utilisant leur pouvoir de volonté, qui se décompose.
La transmission de la mère à la fille de l'importance du poids et la forme et la pression sociale pour être mince semblent être responsable pour l'augmentation de l'incidence de cette maladie chez certaines jeunes filles psychologiquement vulnérables.

Briser le cercle vicieux de la boulimie .

Face à la boulimie chez la jeune fille, la première chose à faire est de briser ce cercle vicieux de manger, vomissements et restriction alimentaire, en instaurant des repas prévus à intervalles réguliers, sans restriction calorique. Les régimes et la restriction rendent pire la maladie. Ce n'est pas facile à briser le cycle tout seul et vous aurez peut être besoin de l'aide d'un thérapeute. Juste arrêter la restriction calorique sévère peut réduire considérablement les accès de boulimie chez un bon nombre de jeunes filles. Cela peut être suffisant pour permettre le rythme normal de l'alimentation à rétablir. Jusqu'ici tous les thérapeutes sont d'accord. Mais il y a toutes les autres personnes, la majorité, chez qui la maladie continue malgré les repas plus réguliers. Maintenant nous devons traiter les causes psychologiques sous-jacentes des accès.

La différence entre la psychothérapie cognitivo comportementale et psychanalytique

Dans la thérapie cognitive et comportementale ( Cognitive Behaviour Therapy - CBT ) le thérapeute n'est pas intéressé par les origines psychologiques du problème. Le thérapeute essaye de ré éduquer la patiente à changer ses façons par un discours rationnel, par la raison et la pression. Il n'a pas une théorie ni un traitement pour les causes profondes de la maladie. Pour lui la cause est une mauvaise façon de réfléchir et se comporter avec la nourriture, qu'il faut casser par la raison et la ré éducation. Ainsi le thérapeute est un agent de conseil et de pression. Il travaille le plus souvent avec un manuel des phrases très structurées qu'il impose sur le patient pour le forcer à changer ses mauvaises habitudes, ses mauvaises façons de se comporter. " Je ne suis pas grosse ", " il y a plus important que d'être mince ", " je dois penser à autre choses que de manger ", " je dois avoir plus de confiance en moi-même " ...des idées de bons sens, à opposer contre les symptômes de la boulimie ou l'anorexie. En d'autres termes vaincre la maladie par la volonté et la raison, avec l'appui du thérapeute.

Comme psychanalystes, nous avons un point de vue différent. Nous croyons que toutes les tentatives de l'auto persuasion, de conseil, de l'exhortation font peu ou rien contre l'envie de se gaver. Nous croyons que ce désir de manger est l'expression de quelque chose de puissant et profond, un désir inexprimé caché. Pour effectuer un changement, nous devons aller là d'où le problème commence: l'incomplétude intérieure qui a son origine dans la relation du sujet avec la mère et la nourriture. Et quand nous y arrivons, les symptômes dispersent rapidement et complètement, sans volonté et sans lutte.
Pour nous la thérapie cognitivo comportemental marche (chez environ 25% des cas) par la présence bienveillante du thérapeute qui, malgré lui même (car il ne veut rien savoir sur les origines de la maladie),permet le patient d'extérioriser un peu son désarroi intérieure et parler des ses relations importantes, chaque semaine pendant quelques mois. Selon nous, c'est cela qui soulage, et qui guérit les symptomes, tant que le thérapeute est présent. Le traitement ne touche pas les causes profondes de la maladie.


Le rôle de la mère et la charge émotionelle de la nourriture.

En psychologie, qui dit nourriture parle aussi d'attention, de soins, d'affection. En d'autres termes, qui parle de la nourriture parle aussi d'enfance, de la dépendance, d'amour maternel. Ainsi, la nourriture est marquée par une charge émotionnelle; elle est donné et reçue à l'intérieur d'une relation, la relation la plus fondamentale, entre l'enfant et la mère (ou autre personne équivalente). Grâce à ce long processus chez l'homme de grandir avec une mère parlante et nourricière, manger (et ne pas manger) ne sont pas seulement des besoins biologiques, mais sont profondément mêlés avec des mots, des émotions, des pensées, des sentiments.
Donc, nous portons tous en nous la mémoire de cette longue relation avec notre mère -- ses mots, sa douceur, son attention, que nous avons reçue avec la nourriture quand elle nous a alimenté, du sein et au delà. Cette charge émotionnelle est présente dans chaque repas que nous mangeons par la suite. La nourriture humaine contient non seulement des calories biologiques, mais aussi des "calories émotionnelles". Et ces " calories émotionnelles " ont leurs propres valeurs, leurs propres mesures et leur propre circulation. Un repas mal servi, ou pris avec la mauvaise compagnie, peut être riche dans tous les sens, mais sans "calories émotionnelles". Beaucoup de repas sont ainsi in-mangeables, ou nous laissent avec encore plus de faim après ! A l'inverse, un repas avec un bon ami, quelqu'un de convivial et paisible, est très nourrissant émotionnellement. Donc, dans la boulimie et l'anorexie, et aussi dans l'obésité et le grignotage, il y a une perturbation dans la circulation de cette charge émotionnelle de la nourriture: schématiquement, pas assez ou trop de "calories émotionnelles". En d'autres termes, il y a une perturbation dans la relation interne avec la mère et les aliments.

Les mots sont en jeux à chacune des orifices du corps

Les psychanalystes ont une hypothèse : par les soins qu’apporte la mère à son enfant, une relation physique et psychologique profonde se produit entre eux, notamment autour de chacun des orifices de l’enfant et les fonctions impliquées: la bouche et manger, les yeux et de voir, les oreilles et l'audition, les orifices urogénitales et les actes de l’excrétion et la sexualité, et le tout fait la personnalité finale de l’enfant. La mère est de l’autre coté des échanges à chacune de ces orifices et leurs fonctions : manger, voir, entendre, pipi, kaka,…. Ce qui est important à comprendre est que ce processus de élever un bébé comme un petit garçon ou une fille sexué n'est pas automatique ou simplement biologique. Chaque mère (et quelques autres personnes) doivent mettre toutes les pièces en place, étape par étape, avec des mots. Pour qu'un schéma, un logiciel, l’Inconscient, s’instaure dans l'esprit de l'enfant. C’est cette instance qui lui permet de fonctionner de manière autonome, comme un petit garçon ou une petite fille parlante et sexuée. C’est cette instance qui permet les besoins biologiques de l’enfant et l’homme (manger, boire, voir, entendre, reproduire…) de s’accomplir non pas par l’instinct biologique mais par l’appareil psychique et langagier. Ainsi nous ne dépendons pas sur la biologie pour notre existence mais sur la biologie à travers les mots et ce que j’appelle ici le logiciel psychologique. L’instauration correcte de ceci chez chaque enfant individuellement est un processus réel, concret, étape par étape et les choses peuvent parfois aller mal. Cela peut être dès le début, ou, plus souvent, par la suite, à cause des accidents, incidents et blessures de la vie apportés à ce logiciel psychologique. C’est la conception psychanalytique, grosso modo, du développent de la personnalité et aussi les origines des maladies mentales. La psychiatrie et la psychologie biologique n’ont pas absorbé cet argument et distinction, que la biologie est le support de notre comportement mais ne le détermine pas. Pour cela il faut aussi l’appareil psychologique, fabriqué par la mère, sa mère, et quelques autres personnes, chez chaque enfant.

Les origines de la boulimie

Nous pouvons maintenant décrire ce que nous pensons être à l'origine des symptômes étranges de la boulimie. Dans la boulimie (et aussi dans le manger nerveux de l'obésité) dans certaines circonstances de stress, un trou s'ouvre dans la structure psychologique du sujet. Il y a une régression bébête chez la patiente et elle doit avoir sa dose de nourriture, et si possible, de la nourriture délicieuse. Elle crève d'envie de nourriture parce que la nourriture apporte un soulagement à cette panne mentale. Parce que la nourriture est synonyme de quelque chose d'autre: l'attention maternelle. Donc, lorsque les exigences mentales internes ou externes sur le sujet sont trop, quand les réserves internes du patient sont épuisés, alors le bébé à l'intérieur commence à pleurer, crier, a besoin d'aide, a besoin d'attention, a besoin d'être consolée, a besoin d'être nourrit. Il a besoin de la satisfaction fournie par une grande quantité de nourriture. Parfois, même un aliment spécifique qui a été offert autre fois et apprécié avec plaisir.

On peut simplifier et dire que l'attaque de boulimie est un état de manque d'amour maternel interne. Il y a un manque de mots internes, un manque de confiance en soi, un manque de capacité de pouvoir se tenir tout seul. Toutes ces choses ont été initialement fournies par notre mère comme enfant et il y a à l'intérieur de nous une partie de notre machine psychologique qui génère ces mots pour nous dans la vie plus tard, quand on n'a plus sa mère près de soi. C'est notre "fabrique de l'amour" intérieure. Dans la boulimie, il semble que cette partie de la machine ne fonctionne pas correctement à certains moments et la patiente a besoin d'une dose de la vraie nourriture pour goûter l'amour de la mère, les " calories émotionnelles " de la nourriture. La conversation interne amicale a cessé. Les paroles de la mère, sa présence interne, ne sont pas à la disposition de la patiente. Au lieu de cela la patiente éprouve une envie intense de nourriture, pour combler, pour soulager le manque. "Donne moi quelque chose! Donne moi quelque chose! Vite! Donne moi quelque chose ! " -- un trou insatiable à la bouche.
Aussi étrange que cela puisse paraître, les origines psychologiques du désir de nourriture sont de cet ordre (le mécanisme est similaire pour les cigarettes, thé, café, chocolat, cannabis. Voir la section sur le tabagisme ce site) -- une rupture dans le flux de mots amicaux internes. Bien sûr, chaque cas est différent, mais nous avançons cette explication générale de la faim psychologique dans la boulimie et l'hyperphagie nerveuse.


Derrière la faim, il y a certaines demandes qui sont encore de l’actualité.

Ainsi, ma thèse est : derrière la faim de la boulimique, il y a certaines demandes qui sont encore de l'actualité. Il y a certaines pensées, incidents, mémoires anciennes, lié à la nourriture et le confort d'être nourri par sa mère, qui sont encore d'actualité. Il y a des conversations anciennes pas encore terminées, y compris au sujet de la féminité, la beauté et la maternité. Nous pensons que c'est la l'origine mystérieuse de la faim dans la boulimie (et son opposé, le refus de manger, dans l'anorexie).

De notre mère nous obtenons des mots, la nourriture, la musique, les vêtements, l'encouragement - elle est notre force de vie. Mais pour une jeune fille à la puberté, elle est aussi un modèle important de la féminité et de la maternité, et un rival sexuel. Donc, ceci est un passage très délicat à négocier pour la mère et la fille, avec pleine de possibilités d'accidents, des malentendus et les rivalités. Dans cette zone dangereuse les accidents peuvent se produire. Et il n'est pas difficile de voir que ce drame mental dans l'esprit d'une jeune fille peut trouver son expression dans et sur son corps. Une jeune fille peut avoir à la fois besoin de l'amour de la mère (nourriture) et vouloir le refuser (pour être mince). Donc, un certain mélange de ces tensions peut conduire à des syndromes que nous voyons (d'anorexie, de boulimie ou les deux à la fois), où il y a la faim intense de manger mais aussi le désir intense d'être mince.

Pour effectuer un changement, et pas seulement consoler la patiente ou de la pousser de l'extérieur, le thérapeute doit aller à cette partie cachée de la personnalité, et démêler les choses, réparer des malentendus, faire exprimer des attentes inassouvies, corriger des erreurs de paroles ou de comportement, et ainsi terminer le processus de la séparation psychologique de la patiente de sa mère.

Aussi étrange que cela puisse paraître, les origines psychologiques profondes des envies de nourriture (ou son contraire, le refus de la nourriture dans l'anorexie) sont de cet ordre.

Au lieu de la faim, une satisfaction à la bouche

Et à fur et à mesure que vous trouvez les mots manquants, en résolvant ces problèmes avec la mère (et peut-être quelques autres personnes ou incidents qui touchent la fonction alimentaire), il y a un changement délicieux. Au lieu de ressentir un manque à la bouche (de nourriture, cigarettes, thé, café, chocolat, cannabis, chewing gum), il y a l'opposé: la plénitude, une profonde satisfaction à la bouche.. Vous vous sentez enfin un calme dans la poitrine, une libération de cette tension qui vous rongeaient de l'intérieur toutes ces années. Au même temps votre voix devient fluide et douce, car libérée de ces arrières pensées inconscientes qui la parasitaient.

Obésité

Dans l'obésité simple (le cas le plus fréquent, car l'obésité métabolique - due à l'hypothyroïdisme, la maladie de Cushing, insuffisance de leptine etc. - est extrêmement rare) il existe très souvent un mécanisme similaire de hyperphagie nerveuse comme dans la boulimie. Bien sûr, plusieurs autres facteurs jouent un rôle: le manque d'exercice, des aliments riches en calories, de grandes portions... ou la simple gourmandise. L'obésité est le résultat de trop manger et de ne pas bouger assez. Et les facteurs psychologiques affectent les deux côtés de cette équation. Comme dans la boulimie, les personnes obèses mangent nerveusement (des " calories émotionnelles "), pour apaiser leur douleur, leur manque psychologique intérieure. Et si la personne obèse est un peu déprimée elle sera lente et léthargique physiquement. A l'inverse des boulimiques, les personnes obèses, notamment les femmes, n'ont pas très souvent une envie intense d'être mince, et donc ne vomissent pas. Au contraire, les kilos de plus semblent leur donner une certaine protection psychologique, une isolation du monde.


Ces traits psychologiques peuvent être corrigés par le même traitement psychologique que pour la boulimie. Dans environ trois ou quatre mois de ce travail psychologique, vous trouverez que votre alimentation nerveuse a beaucoup calmé. Vous verrez que vous avez maintenant la force de suivre les conseils de bon sens d'un diététicien. Tout le monde sait ce que nous devons et ne devons pas manger! Mais quand vous souffrez d'un désir psychologique intense pour la nourriture, vous ne pouvez pas suivre ces conseils. Une fois que l'envie a presque cessé, vous avez la liberté, la possibilité de contrôler votre alimentation.

Aussi, après un traitement de quelques mois de psychothérapie, vous êtes moins déprimés, plus active et donc capable de vous déplacer plus physiquement. Cela vous permet de marcher plus et prendre plus d'exercice.

Les trois choses ensembles: 1.diminution de l'appétit nerveux, 2.manger correctement selon le diététicien, et 3. plus d'exercice, vont bientôt produire une perte de poids significative, de l'ordre de 1 - 2 kilos par mois. Tout cela sans régime, sans volonté et sans aucune frustration.

La cure par la parole

Nous, psychanalystes et psychothérapeutes, travaillons pour faire un changement dans la personnalité profonde. Comment? Par la talking cure, la psychothérapie. En guidant le patient vers les parties de sa personnalité qui ont besoin d'être réparées, qui ont besoin d'être changées. Chaque enfance est différente. Mais dans toutes les enfances il y a des choses qui n'auraient pas dû se produire. Il y a des choses qui n'auraient pas dû être dites. De même, il y a des choses qui auraient dû être dites et qui ne l'ont pas été.
Ces blessures, anciennes ou nouvelles, se font sentir toute notre vie, aujourd'hui, dans notre personnalité, dans notre comportement, dans notre voix. Dans la boulimie et l'anorexie nous voyons cette préoccupation sur le poids et la forme, nous voyons le manque d'estime de soi, nous voyons une personnalité perfectionniste qui veut être en contrôle, nous voyons des obsessions sur la bonne et la mauvaise nourriture... Derrière ces traits, il y a une explication. Le traitement psychologique examine et modifie les éléments constitutifs de la personnalité, et en premier lieu notre relation avec sa mère, son père, ses frères et sœurs. Et comme nous avons mentionné ci-dessus, il y a d'autres composantes de la personnalité qui peuvent être entamées : notre relation avec notre nom, notre corps, la nourriture, la toilette, la sexualité. Des incidents peuvent laisser une marque à l'intérieure de nous et font de nous ce que nous sommes. Ceci est la théorie et la pratique de la thérapie psychanalytique.

La cure par l'écriture.

Par la pratique et mon travail avec les enfants (dessins, contes, marionnettes), j'ai avancé le talking cure un peu plus loin et j'ai développé le writing cure, ou le traitement par l'écriture. Le thérapeute écrit, mot pour mot, rapidement et au crayon, le discours du patient quand il ou elle parle. Et à la prochaine session, nous lisons ce qui a été dit la dernière fois. Par cette méthode, les effets bénéfiques de la cure par la parole sont multipliés. Le patient entend ce qu'il a dit une seconde fois. Il gagne distance et perspective sur ses propres mots. Ainsi, on peut mieux effacer certains passages et mieux écrire des nouvelles parties. Merci de voir la section Processus et Méthode pour une description plus complète.
Mon expérience de ces dernières années me permet de dire qu'il est possible de guérir le simple trop-manger nerveux et le grignotage assez rapidement. La boulimie mentale chronique, avec des vomissements, prend un peu plus de temps, mais il est très guérissable par ma méthode. L'anorexie mentale est traitable si la patiente est prête à faire ce travail sur elle-même, mais hélas beaucoup ne le sont pas.


Les patients obèses motivés qui sont prêts à faire une psychothérapie et augmenter leur marche tous les jours, peuvent être grandement aidés, avec une perte de 1 - 2 kilos par mois facilement. Il n'y a pas besoin de la volonté et des régimes sévères, juste une psychothérapie, une alimentation saine et un peu d'exercice.

J'aimerais connaître votre expérience concrète par rapport à mes idées.

Si vous avez été boulimique ou anorexique et avez été guéri, par n'importe quelle méthode,
j'aimerais vous lire. Si votre expérience confirme ou réfute complètement mes idées,
j'aimerais vous lire. Nous sommes encore au début de notre connaissance de ces conditions,
de sorte que toutes les preuves expérimentales sont précieuses. La psychiatrie et la
psychologie officielles sont dominées par l'école de pensée biologique et les traitements par
des drogues. Ceux d'entre nous qui sont dans le camp psychanalytique et psychothérapeutique
doivent prouver notre cas ou être réfutés par des preuves convaincantes. Je serai donc
intéressé d'entendre votre expérience concrète en relation avec mes idées, pour ou contre.
Je vous répondrai personnellement dans les 48 heures!

docteurnagpal@nip.com.fr

 

Psychoanalyst

  • Cabinet du docteur, Paris 13ème
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